Σάββατο 8 Οκτωβρίου 2022

ΠΙΕΡ ΡΕΒΕΡΝΤΥ

 


PIERRE REVERDY

 

ENCORE L’AMOUR

 

Je ne veux plus partir vers ces grands bols du soir

Serrer les mains glacées des ombres les plus proches

Je ne veux plus quitter ces airs de désespoir

Ni gagner les grands ronds qui m’attendent au large

C’est pourtant vers ces visages sans forme que je vais

Vers ces lignes mouvantes qui toujours m’emprisonnent

Ces lignes que mes yeux tracent dans l’incertain

Ces paysages confus ces jours mystérieux

Sous le couvert du temps grisé quand l’amour passe

Un amour sans objet qui brûle nuit et jour

Et qui use sa lampe ma poitrine si lasse

D’attacher les soupirs qui meurent dans leur tour

Les lointains bleus les pays chauds les sables blancs

La grève où roule l’or où germe la paresse

Le môle tiède où le marin s’endort

L’eau perfide qui vient flatter la pierre dure

Sous le soleil gourmand qui broute la verdure

La pensée accroupie lourde clignant des yeux

Les souvenirs légers en boucle sur le front

Les repos sans réveil dans un lit trop profond

La pente des efforts remis au lendemain

Le sourire du ciel qui glisse dans la main

Mais surtout les regrets de cette solitude

Ô coeur fermé ô coeur pesant ô coeur profond

Jamais de la douleur prendras-tu l’habitude.

 

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