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Κυριακή 17 Αυγούστου 2025

ΜΠΑΡΤ : ΒΓΑΙΝΟΝΤΑΣ ΑΠΟ ΤΟΝ ΚΙΝΗΜΑΤΟΓΡΑΦΟ

 


ROLAND BARTHES

 

EN SORTANT DU CINÉMA

 

Le sujet qui parle ici doit reconnaître une chose : il aime à sortir d’une salle de cinéma. Se retrouvant dans la rue éclairée et un peu vide (c’est toujours le soir et en semaine qu’il y va) et se dirigeant mollement vers quelque café, il marche silencieusement (il n’aime guère parler tout de suite du film qu’il vient de voir), un peu engourdi, engoncé, frileux, bref ensommeillé : il a sommeil, voilà ce qu’il pense ; son corps est devenu quelque chose de sopitif, de doux, de paisible : mou comme un chat endormi, il se sent quelque peu désarticulé, ou encore (car pour une organisation morale le repos ne peut être que là) : irresponsable. Bref, c’est évident, il sort d’une hypnose. Et de l’hypnose (vieille lanterne psychanalytique que la psychanalyse ne semble plus traiter qu’avec condescendance), ce qu’il perçoit, c’est le plus vieux des pouvoirs : le guérissement. Il pense alors à la musique : n’y a-t-il pas des musiques hypnotiques ? Le castrat Farinelli, dont la messa di voce fut incroyable « tant par la durée que par l’émission » endormit la mélancolie morbide de Philippe V d’Espagne en lui chantant la même romance tous les soirs pendant quatorze ans.

Bref, c’est évident, il sort d’une hypnose.

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C’est ainsi que souvent l’on sort du cinéma. Comment y entre-t-on ? Sauf le cas – il est vrai de plus en plus fréquent – d’une quête culturelle bien précise (film choisi, voulu, cherché, objet d’une véritable recherche préalable) on va au cinéma à partir d’une oisiveté, d’une disponibilité, d’une vacance. Tout se passe comme si, avant même d’entrer dans la salle, les conditions classiques de l’hypnose étaient réunis : vide, désœuvrement, inemploi : ce n’est pas devant le film et par le film que l’on rêve ; c’est, sans le savoir, avant même d’en devenir le spectateur. Il y a une « situation de cinéma », et cette situation est pré-hypnotique. Suivant une métonymie vraie, le noir de la salle est préfiguré par la « rêverie crépusculaire » (préalable à l’hypnose, au dire de Breuer-Freud) qui précède ce noir et conduit le sujet, de rue en rue, d’affiche en affiche, à s’abîmer finalement dans un cube obscur, anonyme, indifférent, où doit se produire ce festival d’affects qu’on appelle un film.

On va au cinéma à partir d’une oisiveté, d’une disponibilité, d’une vacance.

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Que veut dire le « noir » du cinéma (je ne puis jamais, parlant cinéma, m’empêcher de penser « salle », plus que « film ») ? Le noir n’est pas seulement la substance même de la rêverie (au sens pré-hypnoïde du terme) ; il est aussi la couleur d’un érotisme diffus ; par sa condensation humaine, par son absence de mondanité (contraire au « paraître » culturel de toute salle de théâtre), par l’affaissement des postures (combien de spectateurs, au cinéma, se coulent dans leur fauteuil comme dans un lit, manteaux ou pieds jetés sur le siège antérieur), la salle de cinéma (de type courant) est un lieu de disponibilité, et c’est la disponibilité (plus encore que la drague), l’oisiveté des corps, qui définit le mieux l’érotisme moderne, non celui de la publicité ou des strip-teases, mais celui de la grande ville. C’est dans ce noir urbain que se travaille la liberté du corps ; ce travail invisible des affects possibles procède de ce qui est un véritable cocon cinématographique ; le spectateur de cinéma pourrait reprendre la devise du ver à soie : inclusum labor illustrat : c’est parce que je suis enfermé que je travaille et brille de tout mon désir.
Dans ce noir du cinéma (noir anonyme, peuplé, nombreux : oh, l’ennui, la frustration des projections dites privées !) gît la fascination même du film (quel qu’il soit). Évoquez l’expérience contraire : à la TV, qui passe elle aussi des films, nulle fascination : le noir y est gommé, l’anonymat refoulé ; l’espace est familier, articulé (par les meubles, les objets connus), dressé : l’érotisme – disons mieux, pour en faire comprendre la légèreté, l’inachèvement : l’érotisation du lieu est forclose : par la TV nous sommes condamnés à la Famille, dont elle est devenue l’instrument ménager, comme le fut autrefois l’âtre, flanqué de sa marmite commune.

À la TV, qui passe elle aussi des films, nulle fascination : le noir y est gommé, l’anonymat refoulé ; l’espace est familier, articulé (par les meubles, les objets connus), dressé.

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Dans ce cube opaque, une lumière : le film, l’écran ? Oui bien sûr. Mais aussi (mais surtout ?), visible et inaperçu, ce cône dansant qui troue le noir, à la façon d’un rayon de laser. Ce rayon se monnaye, selon la rotation de ses particules, en figures changeantes ; nous tournons notre visage vers la monnaie d’une vibration brillante, dont le jet impérieux rase notre crâne, effleure, de dos, de biais, une chevelure, un visage. Comme dans les vieilles expériences d’hypnotisme, nous sommes fascinés, sans le voir en face, par ce lieu brillant, immobile, et dansant.

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Tout se passe comme si une longue tige de lumière venait découper une serrure, et que nous regardions tous, sidérés, par ce trou. Quoi ? Rien, dans cette extase, ne vient par le son, la musique, les paroles ? D’ordinaire – dans la production courante – le protocole sonore ne peut produire aucune écoute fascinante ; conçu pour renforcer le vraisemblable de l’anecdote, le son n’est qu’un instrument supplémentaire de représentation ; on veut qu’il s’intègre avec docilité à l’objet mimé, on ne le détache en rien de cet objet ; il suffirait pourtant de très peu de chose pour décoller cette pellicule sonore : un son déplacé ou grossi, une voix qui broie son grain, tout près, dans le creux de notre oreille, et la fascination recommence ; car elle ne vient jamais que de l’artifice, ou mieux encore : de l’artefact – tel le rayon dansant du projecteur – qui vient, par-dessus ou à côté, brouillée la scène mimée par l’écran, sans cependant en défigurer l’image (la gestalt, le sens).

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Car telle est la plage étroite – du moins pour le sujet qui parle ici – où se joue la sidération filmique, l’hypnose cinématographique : il me faut être dans l’histoire (le vraisemblable me requiert), mais il faut aussi être ailleurs : un imaginaire légèrement décollé, voilà ce que, tel un fétichiste scrupuleux, conscient, organisé, en un mot : difficile, j’exige du film et de la situation où je vais le chercher.

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L’image filmique (y compris le son), c’est quoi ? Un leurre. Il faut entendre ce mot au sens analytique. Je suis enfermé dans l’image comme si j’étais pris dans la fameuse relation duelle qui fonde l’Imaginaire. L’image est là, devant moi, pour moi : coalescente (son signifiant et son signifié bien fondus), analogique, globale, prégnante : c’est une leurre parfait : je me précipite sur elle comme un animal sur le bout de chiffon « ressemblant » qu’on lui tend ; et bien entendu, elle entretient dans le sujet que je crois être, la méconnaissance attachée au Moi et à l’Imaginaire. Dans la salle de cinéma, si loin que je sois placé, je colle mon nez, jusqu’à l’écraser, au miroir de l’écran, à cet « autre » imaginaire à qui je m’identifie narcissiquement (on dit que les spectateurs qui choisissent de se placer le plus près possible de l’écran sont les enfants et les cinéphiles) : l’image me captive, me capture : je colle à la représentation, et cette colle qui fonde la naturalité (la pseudo-nature) de la scène filmée (colle préparée avec tous les ingrédients de la « technique ») ; le Réel, lui, ne connaît que des distances, le Symbolique ne connaît que des masques ; seule l’image (l’Imaginaire) est proche, seule l’image est « vraie » (peut produire le retentissement de la vérité). Au fond l’image n’a-t-elle pas, statutairement, tous les caractères de l’idéologique ? Le sujet historique, tel le spectateur de cinéma que je suis en train d’imaginer, colle lui aussi au discours idéologique : il en éprouve la coalescence, la sécurité analogique, la prégnance, la naturalité, la « vérité » : c’est un leurre (notre leurre, car qui y échappe ?) : l’Idéologique serait au fond l’Imaginaire d’un temps, le Cinéma d’une société ; comme le film qui sait achalander, il a même ses photogrammes : les stéréotypes dont il articule son discours : le stéréotype n’est-il pas une image fixe, une citation à laquelle notre langage colle ? N’avons-nous pas au lieu commun un rapport duel : narcissique et maternel ?

Dans la salle de cinéma, si loin que je sois placé, je colle mon nez, jusqu’à l’écraser, au miroir de l’écran, à cet « autre » imaginaire.

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Comment se décoller du miroir ? Risquons une réponse qui sera un jeu de mots : en « décollant » (au sens aéronautique et drogué du terme). Certes, il est toujours possible de concevoir un art qui rompra le cercle duel, la fascination filmique, et déliera l’empoisonnement, l’hypnose du vraisemblable (de l’analogique), par quelque recours au regard (ou à l’écoute) critique du spectateur ; n’est-ce pas cela dont il s’agit dans l’effet brechtien de distanciation ? Bien des choses peuvent aider au réveil de l’hypnose (imaginaire et/ou idéologique) : les procédés même de l’art épique, la culture du spectateur ou sa vigilance idéologique : contrairement à l’hystérie classique, l’imaginaire disparaîtrait, dès lors qu’on l’observerait. Mais il est une autre manière d’aller au cinéma (autrement armé que par le discours de la contre-idéologie) : en s’y laissant fasciner deux fois : par l’image et par ses entours, comme si j’avais deux corps en même temps : un corps narcissique qui regarde, perdu dans le miroir proche, et un corps pervers, prêt à fétichiser, non l’image, mais précisément ce qui l’excède : le grain du son, la salle, le noir, la masse obscure des autres corps, les rais de la lumière, l’entrée, la sortie : bref, pour distancer, « décoller », je complique une « relation » par une « situation ». Ce dont je me sers pour prendre mes distances à l’égard de l’image, voilà, en fin de compte, ce qui me fascine : je suis hypnotisé par une distance ; et cette distance n’est pas critique (intellectuelle) ; c’est, si l’on peut dire, une distance amoureuse : y aurait-il, au cinéma même (et en prenant le mot dans son profil étymologique), une jouissance possible de la discrétion ?

Comment se décoller du miroir ?

 

Texte initialement paru dans « Communications », n°23, 1975. pp. 104-107.


Κυριακή 6 Ιουλίου 2025

Ο ΚΙΝΗΜΑΤΟΓΡΑΦΟΣ ΚΑΙ Η ΠΡΟΦΟΡΙΚΗ ΓΛΩΣΣΑ

 


PIER PAOLO PASOLINI

 

Ο ΚΙΝΗΜΑΤΟΓΡΑΦΟΣ ΚΑΙ Η ΠΡΟΦΟΡΙΚΗ ΓΛΩΣΣΑ

 

Στὸν κινηματογράφο ἡ εἰκόνα καὶ ἡ λέξη εἶναι ἕνα καὶ μόνο ἕνα πράγμα: τόπος. Ἐξαρτᾶται ἀπὸ τὸ ποῦ βρίσκεται ὁ θεατὴς γιὰ νὰ τὶς κατανοήσει ὡς ἕνα καὶ μόνο ἕνα πράγμα ἢ ὡς κάτι (λίγο-πολύ) διαιρεμένο καὶ μὲ τὰ μέρη του ἀποσυνδεμένα. Ὑπάρχουν φορὲς ποὺ φαίνεται ἀπίστευτη ἡ ἀπόσταση ποὺ χωρίζει τὴ βροντὴ τοῦ κεραυνοῦ ἀπὸ τὴ λάμψη τῆς ἀστραπῆς. Εἶδα ντουμπλαρισμένο τὸ ὑπέροχο Διηγήσεις τοῦ χλομοῦ αὐγουστάτικου φεγγαριοῦ,[1] ὅπου οἱ ντουμπλαρισμένες λέξεις ἀπὸ τὰ ἰαπωνικὰ δὲν εἶχαν καμία σχέση μὲ τὰ πρόσωπα ποὺ μιλοῦσαν: ἔπεφταν σὲ δύο χρόνους ἀπολύτως διαφορετικούς. Δὲν χρειάζεται ὅμως νὰ ἀφεθοῦμε νὰ μᾶς ξεγελοῦν αὐτὲς οἱ ὁριακὲς περιπτώσεις, οὔτε καὶ περιπτώσεις πιὸ κανονικές, ἡ πλειονότητα δηλαδὴ τῶν περιπτώσεων — οἱ ταινίες, εἰδικὰ στὴν Ἰταλία, ἔχουν (ἀκριβῶς λόγῳ τοῦ ντουμπλαρίσματος) ἄσχημη ἐκφορὰ λόγου: ἔτσι ὁ κεραυνὸς εἶναι κάτι σὰν ἀπότομο ξεβούλωμα νεροχύτη ἢ σὰν χασμουρητὸ ποὺ πάει κουτσαίνοντας πίσω ἀπὸ τὴν ἀστραπή. Το φαινόμενο τῆς ἀστραπῆς καὶ τοῦ κεραυνοῦ εἶναι στὴν πραγματικότητα ἕνα καὶ τὸ αὐτὸ ἀτμοσφαιρικὸ φαινόμενο: ὁ κινηματογράφος, παναπεῖ, εἶναι ὀπτικοακουστικός.

Τὴ γοητεία τῆς ρητορικῆς ἰδέας ποὺ θεωρεῖ τὸν κινηματογράφο ὡς καθαρὴ εἰκόνα τὴν καταλαβαίνω. Κι ἐγὼ ὁ ἴδιος μάλιστα κάνω μὲ ἀπερίγραπτη εὐχαρίστηση βουβὸ κιηματογράφο. Τὸ νὰ κάνεις, ὅμως, βουβὸ κινηματογράφο δὲν εἶναι παρὰ ἕνας μετρικὸς περιορισμός, ὅπως εἶναι, παραδείγματος χάρη, στὴν ποίηση ἡ τερτσίνα, πού, ἐνῶ ὑπομειώνει στὸ ἔπακρο τὴ δυνατότητα νὰ ποῦμε ὅ,τι εἶναι δυνατὸν νὰ εἰπωθεῖ, αὐξάνει ὑπέρμετρα τὴ δυνατότητα νὰ ποῦμε ὅ,τι δὲν εἶναι δυνατὸν νὰ εἰπωθεῖ. Οἱ (ἀπαρχαιωμένοι) ὑπερασπιστὲς τοῦ βωβοῦ κινηματογράφου ὡς μοναδικοῦ «optimum»[2] καὶ μάλιστα ὡς «κανόνα», ἀκριβῶς ρητορικοῦ, ἔρχονται —στὸν κινηματογράφο— καὶ ἀποδίδουν στὸν λόγο, στὸν προφορικό φυσικά, λειτουργία ὑπηρετική. Ὅπως, παραδείγματος χάρη, στὸ μελόδραμα. Τὰ λόγια στὴν Τραβιάτα[3] —λένε— εἶναι ἀνόητα καὶ γελοῖα, καὶ ὄχι μόνο δὲν διαθέτουν τὴν παραμικρὴ αἰσθητικὴ ἀξία, ἀλλὰ εἶναι καὶ σχεδὸν προσβλητικὰ γιὰ τὸ καλὸ γοῦστο:[4] κι ὅμως αὐτὸ δὲν μετράει καθόλου. Ἑκεῖνο ποὺ μετράει —λένε— εἶναι ἡ μουσική. Ὁ ἐν λόγῳ ἰσχυρισμός, ποὺ μοιάζει τόσο λογικὸς καὶ σωστός, εἶναι ἐντελῶς παράλογος. Ὅποιος τὸν ἐκστομίζει ἀγνοεῖ τὸν «διφορούμενο χαρακτήρα» τῆς ποιητικῆς λέξης: ἀγνοεῖ τὴν περιεχόμενη ἐντός της ἀνεξάλειπτη ἀντίθεση μεταξὺ «νοήματος» καὶ «ἤχου». Ἡ ποίηση εἶναι (σύμφωνα μὲ τὸν Βαλερύ, κατὰ τὸ παράθεμα τοῦ Γιάκομπσον) «une hésitation prolongée entre le sens et le son».[5] Γι᾽ αὐτὸ καὶ ὅλα τὰ ποιήματα εἶναι μεταγλωσσικά, ἀκριβῶς ἐπειδὴ κάθε ποιητικὴ λέξη εἶναι μιὰ μὴ ὁλοκληρωμένη ἐπιλογὴ ἀνάμεσα στὴ φωνητικὴ της ἀξία καὶ στὴ σημασιακή της ἀξία. Ἡ ἀντιστροφὴ τῶν σχέσεων συνάφειας καὶ ὁμοειδείας (πάντα κατὰ τὸν Γιάκομπσον) πολλαπλασιάζει ὑπέρμετρα τὴν πολυσημία τῆς ποιητικῆς λέξης.

Συμπερασματικά: σὲ κάθε ποίημα ἔχουμε ἀναποδράστως αὐτὸ ποὺ λέγεται «σημασιακὴ διαστολή». Αὐτὸ στοὺς συμβολιστὲς ποιητές, γιὰ παράδειγμα, ἐγγίζει τὸν παροξυσμὸ: πλὴν ὅμως ἀποτελεῖ φαινόμενο ἀνιχνεύσιμο σὲ ὅλες τὶς ποιητικὲς γλῶσσες τοῦ κόσμου. Ὁ ἦχος (καθὼς τὸν προφέρουμε μὲ δυνατὴ φωνὴ ἢ τὸν ἀκοῦμε στὸ μυαλό μας μὲ τὸν ἴδιο ἀκριβῶς τρόπο ποὺ καὶ ὁ μουσικὸς ἀκούει τὴ μουσικὴ διαβάζοντας τὴν παρτιτούρα) ἔρχεται καὶ ἐκτροχιάζει τὸ νόημα, τὸ παραμορφώνει καὶ τὸ ὀδηγεῖ σὲ ἄλλους δρόμους. Ἡ ἐφαρμοσμένη, τώρα, στὶς λέξεις μουσικὴ δὲν συνιστᾶ ὁριακὴ περίπτωση τῶν ὅσων εἶπα. Ἡ μουσικὴ καταστρέφει τὸν «ἦχο» τῆς λέξης καὶ τὸν ὑποκαθιστᾶ μὲ ἕναν ἄλλο: ἡ ἐν λόγῳ καταστροφὴ εἶναι τὸ πρῶτο ἐπίτευγμα. Ἀφοῦ μάλιστα ὑποκαταστήσει τὸν ἦχο τῆς λέξης, ἡ ἴδια προβλέπει κατόπιν τρόπους νὰ ἐπιφέρει καὶ νὰ ἐπιτύχει τὴ «σημασιακὴ διαστολή»: ἔτσι ἔχουμε κατόπιν καὶ μιὰ κάποια σημασιακὴ διαστολὴ καὶ σὲ αὐτὰ τὰ λόγια τῆς Τραβιάτας! Ἐὰν ὁ ἦχος τῆς λέξης «nudo» («γυμνός») μπορεῖ νὰ διαστείλει τὸ νόημα τῆς ἴδιας τῆς λέξης πρὸς τὰ «nuvole» (τὰ «σύννεφα») καὶ νὰ δημιουργήσει κάτι ποὺ νὰ βρίσκεται ἀνάμεσα στὸ σημαινόμενο «corpo denudato» («γυμνωμένο σῶμα») καὶ στὸ σημαινόμενο «cielo nuvoloso» («συννεφιασμένος οὐρανός»), ἂς φανταστοῦμε ἔπειτα τὶ μπορεῖ νὰ πετύχει ἕνα ἐνθουσιῶδες ντό!

Οἱ λέξεις, λοιπόν, στὸ μελόδραμα δὲν ἔχουν καθόλου ὑπηρετικὸ χαρακτήρα: εἶναι ἄκρως σημαντικὲς καὶ οὐσιαστικές. Μόνο ποὺ ὁ ἐσωτερικὸς δισταγμός... ἐκεῖνο τὸ κόμπιασμα ἀνάμεσα στὸ νόημα καὶ στὸν ἦχο δημιουργεῖ τὴν ἐντύπωση μιᾶς προαίρεσης ἀκριβῶς μέσῳ τῆς ἐπιλογῆς τοῦ ἤχου: ὁ ἐπιλεγμένος ἦχος ὑποσκελίζεται κατόπιν ἀπὸ ἕναν ἄλλον ἦχο, ἀπὸ ἕναν ἦχο ποὺ εἶναι διαφορετικὸς ὡς πρὸς τὸ φωνητικὸ ἐπίπεδο καὶ πού, ἐπειδὴ εἶναι ἀπείρως εὐηχότερος ( : «πιὸ ἦχος»), ἔχει ἀπείρως μεγαλύτερες δυνατότητες νὰ ἐπιφέρει σημασιακὲς διαστολές. Στὸν κινηματογράφο (πέρα ἀπὸ τὶς «πινακίδες» καὶ τοὺς «τίτλους στὴν ἀρχὴ τῆς ταινίας», πέρα δηλαδὴ ἀπὸ πράγματα ἐλάχιστα σημαντικά) ἡ λέξη ἐξετάζεται ἐνδελεχῶς στὴν προφορική της πλευρά. Γι᾽ αὐτὸ καὶ ζαλίζονται ὅσοι δὲν εἶχαν ποτὲ τὴν εὐκαιρία νὰ διαβάσουν τουλάχιστον Μορίς[6] — ζαλίζονται καὶ πάει νὰ τοὺς φύγει τὸ κεφάλι. Ἀφήνω δὲ ποὺ εἶναι πεπεισμένοι ὅτι ἡ γλώσσα εἶναι ἕνα σύστημα προνομιακὸ καθαυτό, καὶ ὄχι ἁπλῶς ἕνα ἀπὸ τὰ πιθανὰ σημειοσυστήματα. Τώρα ἐμεῖς ἔχουμε ἐδῶ καὶ αἰῶνες συνηθίσει στὴν ἱστορία νὰ ἀπονέμουμε αἰσθητικὲς ἀξιολογήσεις ἀποκλειστικὰ καὶ μόνο στὸν γραπτὸ λόγο. Μόνο αὐτὸν θεωροῦμε ἄξιον νὰ εἶναι ὄχι μόνο ποιητικός, ἀλλὰ καὶ ἁπλῶς λογοτεχνικός. Καὶ ἀφοῦ στὸν κινηματογράφο ὁ λόγος εἶναι προφορικός, τὸ βρίσκουμε φυσικὸ νὰ τὸν θεωροῦμε προϊὸν μικρῆς ἀξίας ἢ καὶ νὰ τὸν ὑποτιμοῦμε κιόλας. Θὰ ἤθελα νά ᾽βλεπα ὅλους αυτοὺς τοὺς ὑποτελεῖς στὴ συνήθεια ἀνθρώπους μὲ ποιόν τρόπο θὰ ἄκουγαν τὸν προφορικὸ λόγο τοῦ Ὁμήρου, ὅταν ἔλεγε τὰ ποιήματά του στοὺς χρόνους ὁποὺ οὔτε ἡ γραφὴ εἶχε ἀκόμα ἐπινοηθεῖ οὔτε ἡ τυπογραφία ἐφευρεθεῖ. Ἔ, σίγουρα, ἡ κριτικὴ ἀποτίμηση τότε ἦταν πιὸ δύσκολη· ὅπως καὶ τώρα εἶναι πιὸ δύσκολο τὸ νὰ καταλάβεις ἂν ἕνας στίχος εἶναι ὄμορφος ἢ ἄσχημος, ὅταν τὸν ἀκοῦς ἀπὸ τὴ φωνὴ κάποιου ἠθοποιοῦ. Παραμένω στὸν Γιάκομπσον. Ὁ Γιάκομπσον εἶναι —μοῦ φαίνεται— αὐτὸς ποὺ ἔβαλε ἕναν ἠθοποιὸ νὰ προφέρει καμιὰ σαρανταριὰ φορὲς τὴ λέξη «καλησπέρα» μὲ καμιὰ σαρανταριὰ φορὲς διαφορετικὴ σημασία... μὲ ἄλλο νόημα.

Αὐτὸ δὲν στερεῖ ἀπὸ τὴν προφορικὴ ποίηση τὸ δικαίωμα νὰ ὑπάρχει· ἀπεναντίας: ὑπάρχει! Οἱ αἰσθητὲς ἔχουν ἀπὸ χρόνια τρελαθεῖ στὸ ψάξιμο γυρεύοντας νὰ βροῦν τὴ διαφορὰ ἀνάμεσα στὸν γραπτὸ λόγο τοῦ θεατρικοῦ κειμένου (τὸν γραπτὸ καὶ ἄρα λογοτεχνικό) καὶ στὴ λέξη ὅπως λέγεται κατὰ τὴν ἀπαγγελία· ὅπως καὶ τώρα τρελαίνονται στὸ νὰ γυρεύουν τὴ διαφορὰ ἀνάμεσα στὸν γραπτὸ λόγο τοῦ σεναρίου καὶ στὴν κινηματογραφική του παρουσίαση. Μόνο ἡ σημειολογία μπορεῖ νὰ ἐπιλύσει αὐτὰ τὰ προβλήματα, ἐπειδ῀ὴ προβαίνει σὲ διακρίσεις τῶν ποικίλων «σημειοσυστημάτων», ποὺ σὲ πολλὲς περιπτώσεις δανείζεται τὸ ἕνα ἀπὸ τὸ ἄλλο, προκειμένου νὰ ἀχθοῦν στὸν πλέον στοιχειώδη βαθμὸ τῆς «διπλῆς ἄρθρωσης» (βλ. Οὐμπέρτο Ἔκο)[7]

Μιὰ ἀντικειμενικὴ ἐξέταση τοῦ κινηματογραφικοῦ σημειοσυστήματος μᾶς ἀποκαλύπτει πρῶτα ἀπ᾽ ὅλα ὅτι ὁ κινηματογράφος εἶναι ὀπτικοακουστικός: εἰκόνα καὶ ἦχος ἀποτελοῦν, ὅπως θὰ ἔλεγε καὶ κάποιος θρησκειολόγος, «διενότητα».[8] Αὐτὴ ἡ παρατήρηση εἶναι σημειολογική — μὰ τί θὰ μποροῦσε νὰ κάνει μὲ αὐτὴν ὁ καλλιτέχνης; Τίποτα. Πρόκειται προφανῶς γιὰ παρατήρηση ἐντελῶς περιγραφική, ποὺ ἀσκεῖται πάνω σὲ ὅ,τι ὑπάρχει. Ἀντίθετα ὁ καλλιτέχνης —ποὺ μπορεῖ κάλλιστα νὰ μὴν ἔχει ἰδέα ἀπὸ σημειολογία— μπορεῖ νὰ πεῖ: «Τί θαυμάσια εὐκαιρία! Κάνοντας τὰ πρόσωπα ποὺ ὑποδύομαι νὰ μιλήσουν ὄχι μια γλώσσα νατουραλιστικὴ ἢ ἀμιγῶς πληροφοριακή, καὶ φρονίμως ἐφοδιασμένη μὲ κάποια σημεῖα ἐκφραστικότητας καὶ ζωντάνιας... — κάνοντας, λοιπόν, τὰ πρόσωπα ποὺ ὑποδύομαι νὰ μιλήσουν ἀντὶ αὐτῆς τῆς γλώσσας τὴ μεταγλώσσα τῆς ποίησης, θὰ κατάφερναν νὰ ξαναγεννήσουν τὴν προφορικὴ ποίηση (ποὺ ἐδῶ καὶ αἰῶνες ἔχει χαθεῖ ἀκόμα καὶ στὸ θέατρο) ὡς νέα τεχνική ποὺ δὲν μπορεῖ νὰ μὴ μᾶς ἀναγκάσει νὰ στοχασθοῦμε καὶ νὰ κάνουμε σκέψεις, πρῶτον, πάνω στὴν ἴδια τὴν ποίηση καί, δεύτερον, πάνω στὸν προορισμό της».

 

Μετάφραση: Γιῶργος Κεντρωτής.

 



[1] Ταινία τοῦ 1953 σκηνοθετημένη ἀπὸ τὸν Κέντζι Μιζογκούτσι. Στὴν Ἑλλάδα εἶναι γνωστὴ ὡς Οὐγκέτσου μονογκατάρι.

[2] Λατινικὰ στὸ πρωτότυπο: «ἄριστο».

[3] Ὄπερα τοῦ Τζουζέπε Βέρντι.

[4] Τὸ λιμπρέτο τῆς Τραβιάτας τὸ ἔχει γράψει ὁ Francesco Maria Piave (1810-1876).

[5] Γαλλικὰ στὸ πρωτότυπο: «παρατεταμένο κόμπιασμα ἀνάμεσα στὸ νόημα καὶ τὸν ἦχο». Στὸ πρωτότυπο ἀντί τοῦ ὀρθοῦ «hesitation» γράφεται «exitation». Διορθώθηκε κατὰ τὴ μετάφραση. — Τὸ πλῆρες κείμενο τοῦ Paul Valéry, ποὺ περιλαμβάνεται στὸ ἔργο του Tel Quel (Gallimard, Paris 1943), ἔχει ὡς ἑξῆς: Le poème, cette hésitation prolongée entre le sens et le son. Δηλαδή: Τὸ ποίημα, αὐτὸ τὸ παρατεταμένο κόμπιασμα ἀνάμεσα στὸ νόημα καὶ τὸν ἦχο. — Πρβλ. τὸ ἔργο τοῦ Roman Jakobson «Six leçons sur le son et le sens», Les Éditions de Minuit, Paris 1976, εἶχε δοθεῖ ὡς σειρὰ διαλέξεων τὸ 1942 στὴ Νέα Ὑόρκη.

[6] Πρόκειται γιὰ τὸν βέλγο κομίστα, σεναριογράφο καὶ σκηνοθέτη Morris (Maurice de Bevere, 1923-2001), τὸν δημιουργὸ τοῦ Λούκυ Λούκ.

[7] ΣτΣ: «Appunti per una semiologia delle comunicazioni visive» («Σημειώσεις γιὰ μιὰ σημειολογία τῶν ὀπτικῶν ἐπικοινωνιῶν»), Bompiani, Milano 1967· «La struttura assente» («Ἡ ἀπούσα δομή»), Bompiani, Milano 1968.

[8] Ὁ Παζολίνι χρησιμοποιεῖ τὸν ὅρο «biunità». Ὁ θρησκειολόγος, τὸν ὁποῖο ὑπαινίσσεται ὁ Παζολίνι, εἶναι ὁ Μιρτσέα Ἐλιάντε. (Βλ. Mircea Eliade, Traité dhistoire des religions, Payot, Paris 1948· βλ. καὶ τὴν ἰταλικὴ ἔκδοση τοῦ ἔργου: Trattato di storia delle religioni, σὲ μετάφραση τῆς Virginia Vacca, Bollati Boringhieri, Torino 1976).

Σάββατο 16 Ιουλίου 2011