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Πέμπτη 2 Ιουνίου 2022

ΑΝΤΡΕ ΠΙΕΡ ΝΤΕ ΜΑΝΤΙΑΡΓΚ

 


ANDRE PIEYRE DE MANDIARGUES

LE SOLITAIRE

Après la longue solitude
Occupée d’enfantillages
Après tant de billets blancs
Payés en feuilles de chêne
Tant de chasses au reflet
Tant de courses pour l’ombre
Tant de lubies dans les gares
De cris quand partaient les trains
De rires pour rien
Et de larmes pour rire
Tant de lèvres dépréciées
De regards égarés aussitôt qu’aperçus
Après les ans chimériques
Et tant d’heures d’inflation
Se trouver deux à l’horizon
Comme deux racines défouies
Pour être jetées nues bientôt
Sur la vase du soir doux
Quand vient la nuit au ventre tiède
Avec la marée câline.
Se retrouver seul enfin
Comme un grand arbre calciné
Au désert rose et froid de l’aube.

 

Σάββατο 28 Δεκεμβρίου 2019

ΑΝΤΡΕ ΠΙΕΡ ΝΤΕ ΜΑΝΤΙΑΡΓΚ



ANDRÉ PIEYRE DE MANDIARGUES


EVE LUCIFUGE

Elle est massivement présente

Elle est la plus vivante et la plus noire

Au milieu de cette foule consumée

Entre tous ces hommes pauvrement recueillis

Ces femmes sauvages ces enfants mornes

Unis à l'ombre d'un diéâtre froid

Où ils sont venus voir d'autres hommes

Mourir

D'autres femmes d'autres enfants

Mourir encore.

Ses cheveux ont l'éclat de la peau
Ses yeux brillent comme des scarabées
Ses genoux remuent une lave élémentaire
Qui roule sur la peluche cramoisie
L'or éteint les taches de charbon
Le crin bestial jailli hors du fauteuil
Au contact habituel de ses jambes.

Elle sait bien que la salive d'un ver

Gaine jusqu'en haut ses cuisses nues

Et son manteau de faux léopard

Exhale une atmosphère de bouc

Où dansent aussi des mouches roses

Comme à l'entour de la digitale pourpre

Vénéneuse et seule entre les simples de la forêt.

Sa croupe est trop large pour une femelle de

l'homme
Quel bras pourrait la ceindre
Quel poing pourrait l'abattre À quel jeu la plier
Par quel ressort de gomme

Sur quel velours grinçant quelle fourrure musquée
Devant quel miroir blême ?

Quels mots l'apprêteraient enfin aux boues de l'homme ?

Riant elle s'émeut d'une sueur chevaline
Qui dévore de feux sa tunique en viscose
Et son rire est un trophée de boucherie.

Nourrie de cendre elle se sait
Carnivore
L'obscur l'épanouit.


Τρίτη 24 Δεκεμβρίου 2019

ΑΝΤΡΕ ΠΙΕΡ ΝΤΕ ΜΑΝΤΙΑΡΓΚ



ANDRÉ PIEYRE DE MANDIARGUES


LE TEMPS DE NEIGE

Il neige elles s'en rient
Elles se rient de tout
De l'hiver d'être nues
De la nuit et des hommes
Du bouc noir des sapins
Du vent et de leur maître.

Le feu peint leur lit froid
D'aras et de chimères
Aux gorges étincelantes
Et dans leurs yeux se battent
Faisans geais colibris.

La parure incontestable

De beaux jours qui s'amenuisent

En éclats d'une gaieté folle

En duvets jetés aux frimas

Pour le plus vain des sacrifices

S'il n'est temps que d'être perdues.

Si leur lit est un champ de défaite
Si les draps rompus sont à bas
Aux pieds de cet homme sans âge

Sans amitié ni pardon

Bloc de pierre erratique

Qu'un glacier laissa dans la chambre.

Soumise à tout par sa fierté
L'une se feint indifférente
Mais déjà l'autre s'émerveille
Rosit sans cesser d'être blanche
Comme un petit harfang des neiges
Pris aux filets de l'oiseleur.

Sait-il bien qu'elle est la plus jeune
Et que son plumage est si tendre
Qu'un trait de sang le ruinera ?

Mais le bûcher s'est mis de la partie
Le roc se fend la chambre s'illumine
Le jeu bourru va bientôt s'achever
En chaude ondée de rubis et de nacre.



Δευτέρα 16 Δεκεμβρίου 2019

ΑΝΤΡΕ ΠΙΕΡ ΝΤΕ ΜΑΝΤΙΑΡΓΚ



ANDRÉ PIEYRE DE MANDIARGUES


LE PAYS FROID

Parlez plus haut l'hiver nous assourdit
Les bruits des pas que l'on entendait hier
Au bord du lac gelé
Ne sonnent plus que dans le souvenir
Et notre vie devient une habitude triste
Derrière la paroi des vitres blanches.

La neige tombe depuis bien des semaines
Le charbon le café diminuent tous les jours
Chaque jour s'amoindrit
Le lendemain toujours est pire que la veille.

Notre mémoire même égare les réponses.

La faim le froid chassent les cerfs hors des bois
Jusque dans les rues du village
L'un s'est couché devant la croix
Bouche bée la tête à la renverse
Fauve image de notre amour.

Avez-vous entendu crier les loups le soir

Quand ils viennent rôder autour des étables ?

Sous la haute cheminée le feu languit

Le chien nous regarde avec tant d'indulgence

Avec tant de pitié

Que notre cœur se serre.

Nul ne balayera les marches de l'entrée.

L'hiver s'accroît comme un jeune géant
La neige tombe le givre s'épaissit
Et nous vieillissons à mesure.

Parlez bas il n'est plus besoin de nous entendre
Bientôt l'homme de pierre ouvrira le chemin.


Τετάρτη 10 Ιουλίου 2019

ΑΝΔΤΡΕ ΠΙΕΡ ΝΤΕ ΜΑΝΤΙΑΡΓΚ



ANDRÉ PIEYRE DE MANDIARGUES


TU RIRAS

Tu riras d’avoir eu faim
Tu riras du besoin
Et de la satisfaction,

Tu riras du froid et du chaud
Tu riras d’avoir ri et pleuré
Tu souriras d’avoir aimé,

Tu te moqueras d’avoir eté vivante.