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Σάββατο 23 Μαρτίου 2013

ΒΕΡΛΑΙΝ!






PAUL VERLAIN


COLLOQUE SENTIMENTAL

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne ?
- Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? - Non.

- Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignons nos bouches ! - C’est possible.

Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !
- L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.


Το υλικό της ανάρτησης μάς το έστειλε η εικονιζόμενη φίλη του ιστολογίου κ. Giulia Montanarini.

Τετάρτη 19 Σεπτεμβρίου 2012

ΤΟ ΣΟΝΕΤΤΟ




PAUL VERLAINE


À LA LOUANGE DE LAURE ET PÉTRARQUE

Chose italienne où Shakspeare a passé
Mais que Ronsard fit superbement française,
Fine basilique au large diocèse,
Saint-Pierre-des-Vers, immense et condensé,

Elle, ta marraine, et Lui qui t’a pensé,
Dogme entier toujours debout sous l’exégèse
Même edmondschéresque ou francisquesarceyse,
Sonnet, force acquise et trésor amassé,

Ceux-là sont très bons et toujours vénérables,
Ayant procuré leur luxe aux misérables
Et l’or fou qui sied aux pauvres glorieux,

Aux poètes fiers comme les gueux d’Espagne,
Aux vierges qu’exalte un rythme exact, aux yeux
Épris d’ordre, aux cœurs qu’un vœu chaste accompagne.

Κυριακή 29 Απριλίου 2012

ΠΑΛΙΕΣ ΑΓΑΠΕΣ




PAUL VERLAINE (1844-1896)


ΠΑΛΙΕΣ ΑΓΑΠΕΣ

Ω, οι κουβέντες της καρδιάς, οι πρώτες ερωμένες!
μαλλιά χρυσά, μάτια γλαρά, κι ολάνθιστα κορμάκια·
κ’ ύστερα οι νιές τους αγκαλιές, γλυκιές, ευωδιασμένες,
τ’ αυθόρμητά τους, τα δειλά τα χάδια, τα φιλάκια!

Τόσο λες νά ’ναι μακριά όλες τους οι χαρούλες
κι όλες τους οι αθωότητες; όλες μπρος στη μαγεία
της νοσταλγίας μου σκιάχτηκαν τη μαύρη μου αγωνία,
την πλήξη κι αηδία μου, και παν, χαθήκαν ούλες!

Και νά ’μαι μόνος τώρα πια, μόνος και πικραμένος
κι ανέλπιδος κι από ’νανε παππού πιο παγωμένος,
σαν ορφανό φτωχό χωρίς μεγάλη μια αδερφούλα.

Ω, η χαδιάρα, η σκεφτική κι ολόθερμη ερωμένη,
η καστανούλα που ποτέ δεν είναι ξαφνιασμένη
και σε φιλεί στο μέτωπο κάποτε σαν παιδούλα.



Μετάφραση: Γιώργης Σημηριώτης.
Από το βιβλίο: Γιώργης Σημηριώτης, «Γαλλική ανθολογία εικονογραφημένη, 1750-1950», 6η έκδοση αναθεωρημένη και συμπληρωμένη, Χρυσή Δάφνη, Αθήνα 1954, σελ. 164-165.


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VOEU

Ah ! les oaristys ! les premières maîtresses !
L'or des cheveux, l'azur des yeux, la fleur des chairs,
Et puis, parmi l'odeur des corps jeunes et chers,
La spontanéité craintive des caresses !

Sont-elles assez loin toutes ces allégresses
Et toutes ces candeurs ! Hélas ! toutes devers
Le printemps des regrets ont fui les noirs hivers
De mes ennuis, de mes dégoûts, de mes détresses !

Si que me voilà seul à présent, morne et seul,
Morne et désespéré, plus glacé qu'un aïeul,
Et tel qu'un orphelin pauvre sans soeur aînée.

Ô la femme à l'amour câlin et réchauffant,
Douce, pensive et brune, et jamais étonnée,
Et qui parfois vous baise au front, comme un enfant !

Τρίτη 10 Απριλίου 2012

ΒΕΡΛΑΙΝ: ΤΟ ΦΙΛΙ!



PAUL VERLAINE (1844-1896)


IL BACIO

Φιλί, ρόδο εκατόφυλλο μέσ’ στων χαδιών τον κήπο!
τραγούδι πάνω στη λευκή γραμμούλα των δοντιών,
τραγούδι που ο Έρως ξαναλέει με των καρδιών το χτύπο,
και με φωνή αρχαγγελική στις χάρες των κορμιών,

ναζιάρικο, ηχηρό φιλί, θείος ο στεναγμός σου!
Ω ηδονή ασύγκριτη, ανείπωτο μεθύσι,
χαίρε! σκυφτός ο άνθρωπος στο γλυκό κύπελλό σου,
μεθά από τέτοια μιά χαρά που δεν μπορεί να σβήσει.

Καθώς του Ρήνου το κρασί, καθώς η μουσική,
λικνίζεις και παρηγορείς, ω, ναι, κ’ η θλίψη ακόμα,
λες ξεψυχάει με το σπασμό στ’ άλικο πάνω στόμα·
σου πρέπει ο Γκαίτε ή πιο τρανός τραγούδι να σου πει.

Εγώ, φτωχός τραγουδιστής, έχω να σου προσφέρω
μόνο των άτεχνων στροφών το μπουκετάκι αυτό·
και γι’ αμοιβή μου στα γλυκά τα χείλη μιάς που ξέρω,
κατέβα εσύ και γέλασε, φιλάκι ερωτικό!



Μετάφραση: Γιώργης Σημηριώτης.
Από το βιβλίο: Γιώργης Σημηριώτης, «Γαλλική ανθολογία εικονογραφημένη, 1750-1950», 6η έκδοση αναθεωρημένη και συμπληρωμένη, Χρυσή Δάφνη, Αθήνα 1954, σελ. 164.


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IL BACIO

Baiser ! rose trémière au jardin des caresses !
vif accompagnement sur le clavier des dents
Des doux refrains qu'Amour chante en les coeurs ardents
Avec sa voix d'archange aux langueurs charmeresses !

Sonore et gracieux Baiser, divin Baiser !
volupté non pareille, ivresse inénarrable !
Salut ! l'homme, penché sur ta coupe adorable,
S'y grise d'un bonheur qu'il ne sait épuiser.

Comme le vin du Rhin et comme la musique,
Tu consoles et tu berces, et le chagrin
Expire avec la moue en ton pli purpurin...
Qu'un plus grand, Goethe ou Will, te dresse un vers classique :

Moi, je ne puis, chétif trouvère de Paris,
T'offrir que ce bouquet de strophes enfantines :
Sois bénin, et pour prix, sur les lèvres mutines
D'Une que je connais, Baiser, descends, et ris.

Σάββατο 24 Σεπτεμβρίου 2011

ΒΕΡΛΑΙΝ!




PAUL VERLAIN


BEAUTÉ DES FEMMES


Beauté des femmes, leur faiblesse, et ces mains pâles
Qui font souvent le bien et peuvent tout le mal,
Et ces yeux, où plus rien ne reste d’animal
Que juste assez pour dire : « assez » aux fureurs mâles !

Et toujours, maternelle endormeuse des râles,
Même quand elle ment, cette voix ! Matinal
Appel, ou chant bien doux à vêpre, ou frais signal,
Ou beau sanglot qui va mourir au pli des châles !...

Hommes durs ! Vie atroce et laide d’ici-bas !
Ah ! que du moins, loin des baisers et des combats,
Quelque chose demeure un peu sur la montagne,

Quelque chose du cœur enfantin et subtil,
Bonté, respect ! Car, qu’est-ce qui nous accompagne,
Et vraiment, quand la mort viendra, que reste-t-il ?



Το υλικό της ανάρτησης μάς το έστειλε η εικονιζόμενη φίλη του ιστολογίου κ. Almudena Fernandez.

Τρίτη 22 Φεβρουαρίου 2011

ΒΕΡΛΑΙΝ!




PAUL VERLAINE


OUVERTURE


Je veux m'abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
Beautés mûres ou non, novices et professes,
Ô ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies !

Vos pieds sont merveilleux, qui ne sont qu'à l'amant,
Ne reviennent qu'avec l'amant, n'ont de répit
Qu'au lit pendant l'amour, puis flattent gentiment
Ceux de l'amant qui las et soufflant se tapit.

Pressés, fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
Jusqu'aux orteils sucés les uns après les autres,
Jusqu'aux chevilles, jusqu'aux lacs des veines lentes,
Pieds plus beaux que des pieds de héros et d'apôtres !

J'aime fort votre bouche et ses jeux gracieux,
Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents
Mordillant notre langue et parfois même mieux,
Truc presque aussi gentil que de mettre dedans ;

Et vos seins, double mont d'orgueil et de luxure
Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde
Pour s'y gonfler à l'aise et s'y frotter la hure :
Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.

Vos bras, j'adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut et beaux
Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
Chauds dans l'amour, après frais comme des tombeaux.

Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe !
La caresse et la paresse les ont bénies,
Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
Branleuses aux sollicitudes infinies !

Mais quoi ? Tout ce n'est rien, Putains, aux pris de vos
Culs et cons dont la vue et le goût et l'odeur
Et le toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles et Saints des Saints de l'impudeur.

C'est pourquoi, mes soeurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m'abstraire tout, seules compagnes vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
Et ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies.



Το υλικό της ανάρτησης μάς το έστειλε η εικονιζόμενη φίλη του ιστολογίου κ. Adriana Lima.

Σάββατο 1 Ιανουαρίου 2011

ΒΕΡΛΑΙΝ!


PAUL VERLAINE


SÉGUIDILLE


Brune encore non eue,
Je te veux presque nue
Sur un canapé noir
Dans un jaune boudoir,
Comme en mil huit cent trente.

Presque nue et non nue
À travers une nue
De dentelles montrant
Ta chair où va courant
Ma bouche délirante.

Je te veux trop rieuse
Et très impérieuse,
Méchante et mauvaise et
Pire s'il te plaisait,
Mais si luxuriante !

Ah ! ton corps noir et rose
Et clair de lune ! Ah, pose
Ton coude sur mon cœur,
Et tout ton corps vainqueur,
Tout ton corps que j'adore !

Ah, ton corps, qu'il repose
Sur mon âme morose
Et l'étouffe s'il peut,
Si ton caprice veut,
Encore, encore, encore !

Splendides, glorieuses,
Bellement furieuses
Dans leurs jeunes ébats,
Fous mon orgueil en bas
Sous tes fesses joyeuses !



Το ποίημα μάς το έστειλε η φίλη μας η Karin Gabe για τα Χρόνια Πολλά.

Τρίτη 28 Δεκεμβρίου 2010

ΒΕΡΛΑΙΝ ΚΑΙ ΝΤΕΜΠΥΣΣΥ




CLAUDE DEBUSSY / PAUL VERLAINE


CLAIR DE LUNE


Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmants masques et bergamasques,
Jouant du luth et dansant, et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques!
Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune.
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur,
Et leur chanson se mêle au clair de lune,
Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver, les oiseaux dans les arbres,
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.


Τραγουδά η σοπράνο Veronique Gens.
Πιάνο παίζει ο Roger Vignoles.

Τετάρτη 9 Σεπτεμβρίου 2009

ΩΣ ΦΥΛΛΟ ΚΙΤΡΙΝΟ ΞΕΡΟ



PAUL VERLAINE (1844-1896)


ΦΘΙΝΟΠΩΡΙΝΟΝ


Του φθινοπώρου των βιολιών
Μ’ ένα μονότονο μαράζι
Στέναγμα κάθε αλαργινόν
Την έρμη μου καρδιά σπαράζει.

Αχνόχλωμος και θλιβερός
Θυμούμαι τα παλιά ένα-ένα,
Η μαύρη ώρα σαν ηχεί
Και χύνω δάκρυα φλογισμένα.

Στον κακό αγέρα αναχωρώ·
Στα γλήγορα φτερά με παίρνει
Κι ως φύλλο κίτρινο ξερό
Εδώ κι εκεί –ωιμέ! – με φέρνει.



Μετάφραση: Ν[ίκος]] Ι. Χαντζάρας
Δημοσιεύθηκε στο πειραϊκό περιοδικό «Το Περιοδικόν μας», έτος Β΄, περίοδος Β΄, τχ. Α΄, 15 Σεπτεμβρίου 2902, σελ. 25.
Ο πίνακας με το πορτραίτο του ποιητή είναι του Georges Rouault.

Κυριακή 19 Απριλίου 2009

ΒΕΡΛΑΙΝ!



PAUL VERLAINE


ART POÉTIQUE

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.


Το υλικό της ανάρτησης μάς το έστειλε η εικονιζόμενη φίλη του ιστολογίου κ. Christiane Filangeri.

Τετάρτη 30 Απριλίου 2008

ΒΕΡΛΑΙΝ!


PAUL VERLAINE (1844-1896)


MANDOLINE

Les donneurs de sérénades
Et les belles écouteuses
Échangent des propos fades
Sous les ramures chanteuses.

C’est Tircis et c’est Aminte,
Et c’est l’éternel Clitandre,
Et c’est Damis qui pour mainte
Cruelle fait maint vers tendre.

Leurs courtes vestes de soie,
Leurs longues robes à queues,
Leur élégance, leur joie
Et leurs molles ombres bleues

Tourbillonnent dans l’extase
D’une lune rose et grise,
Et la mandoline jase
Parmi les frissons de brise.


Ευγενική προσφορά της εικονιζόμενης κ. Bianca Balti.

Πέμπτη 11 Οκτωβρίου 2007

ΚΑΤΑΓΟΗΤΕΥΜΕΝΟΙ





PAUL VERLAINE


ΟΙ ΡΑΘΥΜΟΙ


-- Μπα! Και η μοίρα μας έγινε πεζή.
Αν θέλετε, πεθαίνουμε μαζί;
-- Σπάνια η πρόταση, ορισμένως.

-- Ωραίο το σπάνιο. Λοιπόν εμπρός.
Ο τόπος θαυμάσιος και ο καιρός.
-- Χι! χι! χι! Απογοητευμένος!

-- Ίσως. Αλλά προπάντων εραστής
άψογος. Ανέκαθεν ιδεαλιστής.
Να πεθάνουμε τώρα ελάτε.

-- Περσότερο ειρωνεύεστε, θαρρώ,
παρά όσο κάνετε τον τρυφερό.
Πάψετε, κύριε, αν αγαπάτε.

Έτσι το βράδυ κείνο απάνω στη
χλόη, και στ' άνθη απάνω καθιστοί,
δυο περίεργοι ερωτευμένοι

αναβάλανε τέτοιο ζηλευτό
θάνατο, κι απομείνανε γι' αυτό
-- χι! χι! χι! -- καταγοητευμένοι.


Μετάφραση: Κώστας Καρυωτάκης.