Εμφάνιση αναρτήσεων με ετικέτα FARINA (RAYMOND). Εμφάνιση όλων των αναρτήσεων
Εμφάνιση αναρτήσεων με ετικέτα FARINA (RAYMOND). Εμφάνιση όλων των αναρτήσεων

Δευτέρα 13 Απριλίου 2015

ΡΕΗΜΟΝ ΦΑΡΙΝΑ!




RAYMOND FARINA


LA PRISON DU CIEL

N'être pas même
trace de sa pensée
− ce désespoir d'avoir
dépensé son dernier nuage –

Seulement
le sujet d'une biographie
entre fable & aveu
cherchant un verbe de passage
une occasion d'appareiller
pour aller fonder l'Acropole
de quelques volées de vocables
& d'oiseaux mangeurs de soleils

*

Naître en prenant le temps l'espace
comme on prend un train pour ailleurs
pour des vergers comme des pages
d'abeilles butinant le blanc
quand l'allégresse des enfants
surgit de la légende fraîche
du linge qui gifle le vent

*

Le sens de quel effacement
Le sens pensé par effraction
de quelques mots surpris
d'un silence peut-être

Attendre dans ces odeurs
qu'embrouillent les papillons
tournant autour d'une mort
qu'on ne veut pas s'avouer

Puis retrouver l'émoi
des soleils réciproques
& retourner les pierres
débourber de sa nuit
avec l'aube des mains
le peuple des cloportes

*

Cette ville insensée
Le cérémonial des passants
au néant de ce non-soleil
Et pour n'être pas rien
pour ne pas m'effacer
ces mots de mes deux langues
gardés tout près de l'âme

Être enfin libéré
de ce pays pris dans décembre
Frêle idole déambuler
dans la fraîcheur veinée de voix
mettant la vie en feuilleton
Craindre encore
la prison du ciel

*

Quelqu'un
comme une maison vide
une solitude
où se perdrait sans doute
le monde

ce qu'il reste de mots usés
jusqu'au cœur
d'inachever l'enfance


Σάββατο 12 Ιουλίου 2014

ΡΕΪΜΟΝ ΦΑΡΙΝΑ




RAYMOND FARINA (1940)


NOTES POUR UN FANTOME
(απόσπασμα)

Fantôme  -mais de qui ?-
D’un poète ? D’un fou ?
D’un double placentaire
dont on ne peut faire son deuil

ou d’un autre fantôme,
feu-follet faux-fuyant,
simulacre de vie,
qui se demande si c’est lui
ou le monde qui prend le large,

frère invisible & insolent,
déambulant dans nos migraines
-convaincu que ce sont les siennes-,
s’endormant dans nos insomnies
traversant nos visions sans cesse,
avec notre Afrique fictive
ou l’exode insensé
d’un peuple de nuages,

jubilant de nous retourner
cette question qu’on lui pose
quand il redescend dans ses limbes,
sourd à l’appel de la lumière,
peu pressé de ressusciter,
impatient d’épouser l’oubli,
d’aller jouer du violon
pour les taupes et les rhizomes,

esquisse à jamais esquissée
par un dieu lassé de créer
ou  –qui sait?-  créature
que le diable a crachée.


**************


Que dire à ceux qui aimeraient
-enviant son irréalité-
vivre dans sa peau invisible,
jour après jour vivre la vie
qu’un être flou joue et rejoue
avec tant de prédicats vagues?

Que leur dire sinon
qu’ils se trompent de scénario,
qu’ici la nuit étouffe,
hantée
par les traces
d’angoisses félines
que n’effacent pas les soleils,

qu’ici on rêve
de changer de rêve,
de passer la frontière
sur la douce réminiscence
des nuages d’avant
-pressés d’aller faire
leurs orages
et leur calligraphie
d’éclairs-,

de bêtes emblématiques,
chacals dont se souvient la pierre,
mystiques éperviers
ciselés dans le bleu,
chats dormant
leur sommeil divin

-la faune rassurante
d’une calme Egypte mentale-

Πέμπτη 12 Ιουνίου 2014

ΡΕΪΜΟΝ ΦΑΡΙΝΑ




RAYMOND FARINA (1940)


CES LIENS SI FRAGILES

1

N’importe qui
peut quand il veut
retourner en enfance
sur un simple sourire
Mais ne sait plus
quoi faire après
d’une anachronique innocence

N’importe qui
s’obstine à croire
qu’un père
pourrait du ciel
descendre
sur une heure transparente
-avec des larmes
pour l’occasion
un sens inné du mélodrame-
pour serrer dans ses bras
son fils

N’importe qui
à son père demande
Désires-tu vraiment ma mort
pour ne pas contrarier l’oracle
pour conclure en toi cette fable
ou pour attester que je fus
-Est-ce bien
le Conte d’hiver
Est-ce bien
ce conte mon père ?-

N’importe qui
ouvrirait sa demeure encore
au chien qui mangea la colombe
& qui mourut trois jours après
par sa cruauté dévorée
comme mourra d’incohérence
ton délire petit enfant
qui ne peut
comme le vieux Lear
voir le monde
qu’avec ses oreilles


2

Si d’indifférence
tu deviens
plus léger
que ton ombre

capable enfin
de suivre
ton Coeur

tu comprendras mieux
mon silence

mes questions
qui n’espèrent plus
de réponse :

le vent
chercherait-il
quelque chose
ou quelqu’un ?

Les nuages sont-ils
réels ?
Les nuages reviendront-ils ?

Avez-vous
un destin
paysages ?

Ai-je pour vous
un sens ?

Δευτέρα 12 Μαΐου 2014

ΡΕΪΜΟΝ ΦΑΡΙΝΑ!




RAYMOND FARINA (1940)


VIRGILIANES, XIV

Devant la mer
la ville est cette
porte qui bat

Saveur de cendres
Oh l’air étouffe
& la nuit souffre
de chaque étoile
Ce peuple est seul
comme un enfant

Sans doute germeront ses morts
végètalement vers
l’eau paisible des yeux

Les roseaux peut-être
frémiront ses fables