Σάββατο, 12 Ιουλίου 2014

ΡΕΪΜΟΝ ΦΑΡΙΝΑ




RAYMOND FARINA (1940)


NOTES POUR UN FANTOME
(απόσπασμα)

Fantôme  -mais de qui ?-
D’un poète ? D’un fou ?
D’un double placentaire
dont on ne peut faire son deuil

ou d’un autre fantôme,
feu-follet faux-fuyant,
simulacre de vie,
qui se demande si c’est lui
ou le monde qui prend le large,

frère invisible & insolent,
déambulant dans nos migraines
-convaincu que ce sont les siennes-,
s’endormant dans nos insomnies
traversant nos visions sans cesse,
avec notre Afrique fictive
ou l’exode insensé
d’un peuple de nuages,

jubilant de nous retourner
cette question qu’on lui pose
quand il redescend dans ses limbes,
sourd à l’appel de la lumière,
peu pressé de ressusciter,
impatient d’épouser l’oubli,
d’aller jouer du violon
pour les taupes et les rhizomes,

esquisse à jamais esquissée
par un dieu lassé de créer
ou  –qui sait?-  créature
que le diable a crachée.


**************


Que dire à ceux qui aimeraient
-enviant son irréalité-
vivre dans sa peau invisible,
jour après jour vivre la vie
qu’un être flou joue et rejoue
avec tant de prédicats vagues?

Que leur dire sinon
qu’ils se trompent de scénario,
qu’ici la nuit étouffe,
hantée
par les traces
d’angoisses félines
que n’effacent pas les soleils,

qu’ici on rêve
de changer de rêve,
de passer la frontière
sur la douce réminiscence
des nuages d’avant
-pressés d’aller faire
leurs orages
et leur calligraphie
d’éclairs-,

de bêtes emblématiques,
chacals dont se souvient la pierre,
mystiques éperviers
ciselés dans le bleu,
chats dormant
leur sommeil divin

-la faune rassurante
d’une calme Egypte mentale-

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