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Κυριακή 4 Νοεμβρίου 2018

ΡΟΖΕ ΖΙΛΜΠΕΡ-ΛΕΚΟΝ



ROGER GILBERT-LECOMTE


ABSENCE VORACE

Jamais jamais le sang lumineux qui n'est pas
Le don du mot sombré dans l'ombre sans mémoire
Et la trombe tournant au fond du puits des yeux
Perdus crevés sanglants et bleus où la mort glisse

Ô glissade des morts parois des precipices

Qui n'est pas qui n'est plus ne sera plus jamais
L'impersonnel instant d'éternité du vide
La soif du creux qui hante un volume à vouloir
Se nier en s'invaginant figure d'ombre

Ô masque de la mort aux yeux de precipices

L'appel hurle du noir à vaincre le vain jeu
Des épaisseurs et des couleurs comme des lignes
Rien est un bloc de marbre absolu qui tient tout
L'espace irrévélé dans son unité seule

Morts aux masques joyeux rires de precipices

La chair tombe et la nuit au château sidéral
Et le désert s'enfonce immensément au centre
Du circuit infernal des horizons rompus
Ventre dont l'ombilic est l'antre prophétique

La mort masquée y crie un cri de precipice

Ces grands cris de silex au signe étincelant
Le vent drapant le sable en forme de fantômes

À qui les yeux du ciel prêtent un regard fou
Font le sabbat d'absence au fond des solitudes

Mort démasquée absence au cœur du précipice.

Δευτέρα 22 Οκτωβρίου 2018

ΡΟΖΕ ΖΙΛΜΠΕΡ-ΛΕΚΟΝ



ROGER GILBERT-LECOMTE


TESTAMENT

Je viens de loin de beaucoup plus loin

Qu'on ne pourrait croire
Et les confins de nuit des déserts de la faim

Savent seuls mon histoire
Avec ses ongles avec ses dents celle qui est partout

M'a fait mal
Et surtout surtout son affreux regard de boue

M'a fait mal
Si maintenant je dors ancré

Au port de la misère
C'est que je n'ai jamais su dire assez

À la misère
Je suis tombé en bas du monde

Et sans flambeau
Sombré à fond d'oubli plein de pitiés immondes

Pour moi seul beau

Δευτέρα 8 Οκτωβρίου 2018

ΡΟΖΕ ΖΙΛΜΠΕΡ-ΛΕΚΟΝ



ROGER GILBERT-LECOMTE


RÉVOLTE

J'ai refermé sur moi la porte étroite et lourde
J'avais sur mon cœur marqué d'un fer rigide
La trace éphémère de nos derniers soupirs,
J'ai regardé le ciel.
Les divinités sourdes
Ont fermé leur épouvantable et lent cortège
Pour s'asseoir et pour dire
«Cessez un instant de pleurer!
Battez-vous
La guerre c'est ce métal qui coule et redore
Sur les fonts baptismaux d'une auréole nouvelle
Les trop fidèles espoirs
De vos muscles de pierres —
Nous tresserons pour vous des guirlandes de fleurs
Mais vous irez mourir au-delà des colonnes
Dans des retraits profonds
Et des vallées rougies.
Où dorment des serpents
Dont les anneaux meurtris au sépulcre des
Vôtres —
Vous marquerez l'infini
D'un doigt toujours malsain
Dressé vers l'infortune ».
Mais je me suis tourné vers eux
Pour leur cracher au visage
Sans craindre leur bave.
Adieu, les dieux.

Πέμπτη 27 Σεπτεμβρίου 2018

ΡΟΖΕ ΖΙΛΜΠΕΡ-ΛΕΚΟΝ



ROGER GILBERT-LECOMTE


DEUIL D’AZUR

Comme un cœur ruisselant
De lentes larmes pales

Sous ce masque de perles
Étouffe un grand cri rouge

Étrangle le hurleur
Du sang tourbillonnant cyclone

L’oiseau pourpre abattu
De l’arbre de la vie

Les pieuvres du vertige
De tous leurs bras l’étreignent

Une agonie en proie
Aux baisers des ventouses

Palpite et frissonne
De plumes éteintes

A son dernier sursaut
Bat d’une aile brisée

Dénonçant la présence
Immobile des portes