Παρασκευή, 6 Ιουνίου 2014

ΤΡΙΣΤΑΝ ΤΖΑΡΑ!



TRISTAN TZARA


[C’EST DE L’IMMENSE SOLITUDE DU BRIN DE PAILLE]

c’est de l’immense solitude du brin de paille
abandonné aux lèvres voraces des champs
que je déduirai le feu à couture de nacre
les ancres de nuit aux ailes agricoles aux tresses de sarment
les aloès rouillés les murs mis à vif des défilés d’hommes
  et degrêlons
fours branlants où le pain est de pierre et la paix des
  fougères s’émiette
ce sont les grillons d’anis et d’ombre
d’une certaine transparence à voix étroite
du toucher des objets blafards
d’une peau douce à la longue haleine
d’une envolée de bijoux sans lendemain ni plumes
d’un jour foncé d’un bois de pigeons
d’une fenêtre froide comme d’une chevelure sans feuilles
on guette la poutre de soleil

le silence n’a pas encore atteint la structure intime de
  l’ombre de cristal
les pans de rocher aux crinières d’eau pâle
le sommeil sectionne les êtres vivants par coupes verticales
  les unes sont noires les autres de mer
le roi des vagues n’a pas encore séché sa dernière larme 


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